Dans le paysage professionnel français, les assistantes maternelles jouent un rôle clé en assurant la garde et le développement des enfants à domicile. En 2025, comprendre les conditions d’adhésion au comité d’entreprise (désormais intégré dans le comité social et économique, ou CSE) est crucial pour elles afin de bénéficier de certains droits collectifs et d’avantages sociaux. Cette année marque une étape importante où les règles liées à la représentation du personnel au sein du CSE s’appliquent avec précision, notamment pour les assistantes maternelles relevant du CESU ou des structures adhérant à des organismes comme la Fepem et l’Urssaf.
Depuis la réforme engagée par les ordonnances Macron en 2017 et son application progressive jusqu’en 2025, le comité d’entreprise a été fusionné avec d’autres instances représentatives pour créer le Comité Social et Économique. Cette évolution modifie non seulement la manière dont les assistantes maternelles peuvent s’intégrer à ces instances, mais aussi les avantages et protections dont elles peuvent bénéficier. La question fondamentale qui se pose est donc : sous quelles conditions une assistante maternelle peut-elle adhérer au CSE et profiter des commissions, budgets et protections associées ?
Par ailleurs, la complexité administrative et la spécificité des statuts des assistantes maternelles dans ce contexte imposent une connaissance fine des critères d’effectifs, des procédures d’élections, et des droits syndicaux, notamment vis-à-vis des grandes confédérations telles que l’UNSA, la CFDT, ou la CGT qui sont impliquées dans la représentation des salariés. Ce dossier détaille ce que 2025 impose, ainsi que les dispositifs permettant aux assistantes maternelles d’accéder pleinement au dialogue social au sein de leur environnement professionnel.
Les fondements juridiques et organisationnels du Comité social et économique pour les assistantes maternelles
En premier lieu, il est essentiel de rappeler que depuis 2020, le comité d’entreprise traditionnel a été remplacé par le Comité Social et Économique (CSE) dans toutes les entreprises comportant au moins 11 salariés sur 12 mois consécutifs. Cette règle s’applique à la majorité des employeurs, y compris ceux employant des assistantes maternelles, comme les particuliers employeurs affiliés au CESU ou les entités adhérant à la Fepem ou à l’Urssaf. Le CSE cumule désormais les missions des anciennes instances telles que le comité d’entreprise, les délégués du personnel et le CHSCT, offrant une représentation plus globale et centralisée des salariés, y compris les assistantes maternelles.
Pour une assistante maternelle, la difficulté première réside dans la qualification de l’effectif. Puisqu’elle est salariée d’un particulier employeur, celui-ci doit répondre aux critères définis pour être tenu d’implémenter un CSE. En pratique, la mise en place d’un CSE dans ce secteur dépend du nombre total de salariés employés par un seul employeur. Or, la majorité des particuliers n’emploient qu’une seule assistante maternelle, plaçant l’effectif en dessous du seuil minimal de 11 salariés. Dans ce cas, il n’existe pas d’obligation formelle de créer un comité d’entreprise.
Cependant, certaines structures comme les crèches privées ou des réseaux d’assistantes maternelles employées par des organismes intervenant via le CESU peuvent atteindre ce seuil. Dès lors, elles doivent organiser des élections pour mettre en place le CSE selon la procédure établie par le Code du travail, qui inclut : informer les syndicats comme la CFTC ou FO, négocier un protocole d’accord préélectoral, établir les listes électorales, et procéder aux scrutins. En outre, les assistantes maternelles peuvent être candidates aux élections des membres titulaires et suppléants du CSE si elles remplissent les conditions d’ancienneté dans leur contrat.
Voici une liste des conditions juridiques spécifiques pour qu’une assistante maternelle puisse adhérer au CSE :
- Être salariée d’un employeur ayant atteint au moins 11 salariés pendant 12 mois consécutifs ;
- Disposer d’un contrat de travail effectif respectant les normes conventionnelles (souvent sous CESU) ;
- Avoir une ancienneté minimale prévue dans le protocole d’élections (généralement 3 mois) ;
- Être inscrite sur la liste électorale communiquée par l’employeur ;
- Bénéficier de la possibilité d’être candidate aux élections en respectant les critères syndicaux, le cas échéant, notamment avec présence de organisations telles que la CFDT ou la CGT.
La connaissance de ces conditions est incontournable pour intégrer pleinement le comité d’entreprise en tant qu’assistante maternelle en 2025. Pour approfondir ce sujet, voir plus en détail les démarches sur cette page dédiée.

La composition et les rôles spécifiques des membres du CSE dans le secteur des assistantes maternelles
La composition du CSE varie en fonction de l’effectif de l’entreprise ou de la structure qui emploie l’assistante maternelle. En-dessous de 50 salariés, le CSE reste relativement simple, incluant un président (souvent l’employeur ou son représentant) et une délégation élue de salariés, tandis qu’au-delà de ce seuil, la composition se complexifie avec l’ajout d’un secrétaire, d’un trésorier, et parfois des commissions spécifiques.
Dans le contexte des assistantes maternelles, où l’employeur est le plus souvent un particulier ou une association (comme la Fepem), le CSE peut revêtir des dimensions différentes :
- Pour un particulier employeur isolé employant une seule assistante maternelle, il n’y a pas lieu de constituer un CSE ;
- Pour une structure employant plusieurs assistantes maternelles, par exemple un réseau Fepem, un CSE peut se créer et donc inclure les salariées dans les processus électoraux ;
- Dans les entreprises plus grandes, un CSE d’établissement peut être mis en place, complété par un CSE central si plusieurs sites sont impliqués.
Les membres du CSE issus de la délégation du personnel jouent un rôle crucial. Ils sont les porte-voix des salariés, y compris des assistantes maternelles, pour présenter des réclamations individuelles ou collectives, veiller à la santé et la sécurité au travail, et représenter les salariés lors des procédures de licenciement ou reclassement. Dans une entreprise dépassant 50 salariés, ils interviennent aussi dans la gestion des activités sociales et culturelles financées par un budget spécifique.
Le tableau ci-dessous résume la composition minimale du CSE selon l’effectif global :
Effectif | Nombre de membres titulaires | Membres supplémentaires |
---|---|---|
11 à 24 salariés | 1 | Pas de secrétaire ni trésorier obligatoires |
25 à 49 salariés | 2 | Pas de secrétaire ni trésorier obligatoires |
50 salariés et plus | 4 et plus, selon effectif | Secrétaire et trésorier élus au sein des titulaires |
L’implication des représentants syndicaux tels que l’UNSA, la CFDT, FO, la CGT ou la CFTC est importante pour garantir un dialogue social équilibré. Ces organisations militent pour l’intégration optimale des assistantes maternelles dans le CSE, notamment en apportant soutien lors des négociations du protocole d’accord préélectoral, lors des campagnes électorales, et dans la formation des élus.
Avantages et protections pour une assistante maternelle intégrée au comité d’entreprise en 2025
L’adhésion au comité d’entreprise, à travers le CSE, offre à une assistante maternelle un cadre protecteur et des avantages sociaux qui enrichissent l’expérience professionnelle et personnelle. Ces bénéfices varient selon la taille de la structure employeur mais englobent généralement :
- Un accès aux activités sociales et culturelles organisées par le CSE, souvent subventionnées ou à prix réduits, par exemple via Comité d’entreprise Edenred ou autres partenaires ;
- Une représentation effective en cas de conflits ou de licenciements, avec la possibilité pour les élus de défendre les droits des assistantes maternelles ;
- Des temps de délégation pour participer aux activités du CSE, d’une durée modulée en fonction de l’effectif de la structure ;
- Une formation obligatoire pour les membres élus, comprenant des volets économiques, de santé, sécurité au travail, et spécifiquement adaptés aux enjeux des assistantes maternelles ;
- La présence d’un référent harcèlement sexuel au sein du CSE visant à lutter contre les comportements inappropriés et assurer un environnement de travail sain.
Les assistantes maternelles bénéficient ainsi d’un suivi spécifique sur les questions de conditions de travail, santé et sécurité, sujets majeurs dans leur activité professionnelle. Les budgets alloués au CSE, notamment en entreprise, sont calibrés pour permettre cette prise en charge complète.
Exemple d’activités proposées :
- Accès à des tarifs réduits sur les loisirs et vacances, comme mentionné sur cette page ;
- Participation à des sorties culturelles, sportives ou des événements organisés collectivement ;
- Accès à des partenariats négociés avec des organismes tiers, améliorant le quotidien personnel des assistantes maternelles.
Il faut noter que ces prestations sociales se traduisent souvent par une meilleure qualité de vie, un sentiment d’appartenance et un renforcement du lien social entre collègues. L’URSSAF et la Fepem jouent un rôle d’accompagnement auprès des employeurs pour faciliter ces dispositifs.

Les démarches pratiques pour une assistante maternelle souhaitant rejoindre ou s’impliquer dans le CSE
Pour une assistante maternelle désireuse de s’engager dans la vie du comité social et économique de son entreprise ou structure, plusieurs étapes clés doivent être respectées :
- Vérifier l’effectif de l’employeur : S’assurer que l’employeur compte au moins 11 salariés sur 12 mois consécutifs afin que la mise en place ou l’existence d’un CSE soit obligatoire.
- Prendre connaissance des calendriers électoraux : Respecter le calendrier légal d’organisation des élections CSE, notamment l’information des salariés et syndicats (UNSA, CGT, CFDT, FO, CFTC) en amont.
- Se porter candidate ou soutenir des candidatures : Si vous pouvez vous inscrire sur la liste électorale, le rôle actif est possible, soit en se présentant aux élections, soit en appuyant des représentants syndicaux.
- Participer aux négociations préélectorales : Assister aux réunions de négociation du protocole d’accord préélectoral pour définir les modalités du scrutin.
- Assister aux réunions et formations : Être présente aux réunions ordinaires, participer aux commissions, et suivre les formations pour élus afin d’exercer au mieux ses missions.
L’employeur est tenu d’organiser et de faciliter ces processus, mais la mobilisation des assistantes maternelles est essentielle pour assurer une représentation conforme à leurs besoins spécifiques. Pour mieux comprendre les obligations employeurs et formations, consultez ce guide pratique.
Conditions d’adhésion au comité d’entreprise – Assistante maternelle (2025)
Les perspectives d’évolution du Comité social et économique dans le secteur des assistantes maternelles
Les débats actuels autour de la réforme du CSE laissent entrevoir des évolutions importantes d’ici quelques années. Le rapport parlementaire publié en février 2024 préconise notamment d’élever les seuils d’effectif nécessaires pour l’attribution des compétences renforcées au CSE, voire de créer des seuils intermédiaires afin de mieux adapter le dispositif aux réalités des petites et moyennes entreprises.
Ces propositions pourraient avoir un impact direct sur les assistantes maternelles en modifiant leur accès aux prérogatives du comité d’entreprise. Par exemple, un relèvement du seuil à 20 ou 100 salariés pourrait retarder ou limiter l’intégration de certaines assistantes maternelles dans un CSE avec des compétences élargies, affectant ainsi les moyens financiers et humains disponibles pour leurs missions.
De plus, l’instauration d’un CSE avec personnalité juridique, destinée à certaines entreprises importantes (250 salariés et plus), prévoit une consultation obligatoire sur des sujets majeurs, renforçant le rôle des élus au sein de grandes structures, ce qui pourrait poser un nouveau cadre pour les assistantes maternelles travaillant dans ces environnements.
Liste des points de vigilance pour les assistantes maternelles :
- Suivi des évolutions réglementaires pour anticiper les changements d’éligibilité dans le CSE ;
- Veille sur les propositions de modification des seuils d’effectifs par syndicats comme la CFDT ou FO ;
- Participation accrue dans les consultations et négociations pour défendre leurs intérêts spécifiques ;
- Adaptation des formations en fonction des nouvelles compétences attribuées au CSE.
Ces évolutions soulignent l’importance d’une bonne préparation et d’une compréhension approfondie des mécanismes du CSE pour les assistantes maternelles et leurs représentants syndicaux. L’intégration dans le comité d’entreprise reste une étape clé dans la construction d’une culture d’entreprise forte et d’un dialogue social équilibré, même dans les secteurs atypiques. Pour accompagner ces démarches et renforcer l’organisation structurelle, voir cet article sur la restructuration organisationnelle.
Questions fréquentes sur l’adhésion des assistantes maternelles au comité d’entreprise en 2025
- Une assistante maternelle employée par un particulier peut-elle être membre du CSE ?
Si l’employeur particulier emploie moins de 11 salariés, il n’y a pas d’obligation de mise en place de CSE et donc pas de représentation. En revanche, dans les structures plus grandes ou réseaux, oui, si le seuil est atteint. - Quels syndicats interviennent particulièrement pour les personnels du secteur ?
Les principales organisations sont l’UNSA, la CFDT, FO, la CGT et la CFTC. Elles accompagnent les assistantes maternelles dans leurs démarches d’adhésion et de représentation. - Quels avantages une assistante maternelle tire-t-elle de son adhésion au CSE ?
Outre la représentation en cas de conflits ou licenciements, elle bénéficie d’activités sociales et culturelles, de formations, et d’un soutien dans les questions de santé et conditions de travail. - Quelles sont les étapes pour candidater aux élections du CSE ?
Il convient d’être inscrite sur la liste électorale, respecter l’ancienneté requise, s’informer auprès des syndicats, et participer si possible aux négociations préélectorales. - Comment le CSE soutient-il la lutte contre le harcèlement sexuel au travail ?
Un référent harcèlement est désigné parmi les membres du CSE pour sensibiliser, informer et accompagner les salariés victimes d’agissements sexistes ou de harcèlement.
Pour approfondir et bénéficier d’un accompagnement personnalisé, les assistantes maternelles peuvent consulter ce dossier complet sur le comité d’entreprise.